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En hiver, il suffit parfois d’une seule nuit pour changer  de dimension. Une nuit et quelques flocons pour ouvrir un espace neuf, plus vaste et plus clair. Un espace libéré de ses limites. Pourtant, elles n’ont  pas disparu et c’est toujours le même espace, celui de notre quotidien. C’est juste qu’on ne les perçoit plus, là,  dans cet espace intact, que la neige a discrètement dessiné. Quel joli clin d’œil du ciel et quelle opportunité d’exercer son regard et son esprit à voir autrement. Spontanément se dire : tiens, je ne voyais pas mon univers si grand, je ne le voyais pas si ouvert.

Le début d’une année a quelque chose de cette perspective. Une page, blanche en effet, ouverte sur  tous les possibles qu’on ne sait pas encore.  C’est plaisant, nécessaire parfois, d’envisager les choses ainsi, loin des résolutions prescrites. Quand on n’a plus d’idées constructives, qu’on ne sait plus bien quoi ni comment faire, s’octroyer en quelques sortes des minutes blanches, des minutes en boucle et en détour. Des minutes toutes simples, pour prendre le soleil en terrasse, faire une tarte aux pommes, se mettre en chemin,  un pas après l’autre et laisser faire la route. Se sentir en marche, sans autre objectif que d’être debout, le nez dans le vent. Retrouver une place dans le bel arrangement de l’univers, un espace où les idées défilent et les pensées spontanément prennent forme. Ça fait léger, un peu trop discret peut-être.  Mais  c’était quand la dernière fois qu’on a pris un café en terrasse, par une belle matinée ensoleillée, un jour de semaine ? Comme le clame Michel Perreault (1)  en titre de son dernier ouvrage : « Je ne suis pas une entreprise !» et mon cœur a besoin de battre … à son rythme, au moins de temps à autre.

Le début d’une année c’est aussi le meilleur moment pour définir des vœux, une intention, quelque chose qui nous ramène à ce qui compte. C’est donc  le moment  le plus opportun pour souhaiter des minutes blanches. Juste quelques-unes, pour nourrir l’inspiration de nos pensées et de nos actions à venir et se relier à l’essentiel au plus profond de ce que nous sommes.

C’est mon souhait pour aujourd’hui et pour demain, pour tous les jours de l’année à venir. Et vous ?

(1) Michel Perreault, Je ne suis pas une entreprise ! Guide de survie personnelle pour le XXIe siècle. Poche Marabout. Paris : 2011

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Sylvette Delaloye, psychologue FSP

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